PLANÈTES
Mercure dans le ciel du matin : suivez Vénus pour la trouver avant le lever du Soleil
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Tard dans la soirée du 20 novembre (en temps universel, UTC), Mercure atteint sa plus grande distance angulaire à l’ouest du Soleil, 19,6° : c’est sa plus grande élongation occidentale. Pour les observateurs de l’hémisphère Nord, les matins qui entourent cette date offrent une belle occasion de surprendre la plus insaisissable des planètes visibles à l’œil nu, et l’éclatante Vénus, placée plus haut, à sa droite, indique où regarder.
Pourquoi la fin novembre est favorable aux observateurs de l’hémisphère Nord
L’orbite de Mercure est située à l’intérieur de celle de la Terre : vue d’ici, la planète semble passer d’un côté à l’autre du Soleil. Quand elle se trouve à l’ouest du Soleil, elle se lève avant lui et apparaît dans les lueurs de l’aube ; tard dans la soirée du 20 novembre (UTC), elle atteint de ce côté son plus grand écart angulaire.
Cet écart reste modeste. Ce qui aide, c’est l’écliptique, la route annuelle du Soleil dans le ciel, dont les planètes ne s’éloignent guère. Avant le lever du Soleil, un matin d’automne dans l’hémisphère Nord, l’écliptique monte en pente raide depuis l’horizon est : au début du crépuscule civil, le 20 novembre, l’angle entre l’écliptique et l’horizon atteint environ 53° vu de Paris, contre 18,5° seulement à l’aube autour de l’équinoxe de mars. Quand l’écliptique est aussi raide, Mercure se trouve au-dessus du Soleil plutôt qu’à côté de lui, si bien qu’une plus grande part de son écart angulaire au Soleil se traduit en hauteur au-dessus de l’horizon.
En partie parce qu’à cette époque de l’année l’écliptique remonte vers le nord à l’ouest du Soleil, en partie parce que Mercure se trouve elle-même à environ 2° au nord de l’écliptique, la planète est nettement plus au nord que le Soleil dans le ciel. La déclinaison est l’équivalent céleste de la latitude : celle de Mercure vaut −12,2°, celle du Soleil −19,8°. Dans l’hémisphère Nord, Mercure se lève donc bien avant le Soleil ; à Paris, 1 h 53 avant lui.
Où regarder
Regardez bas sur l’horizon est-sud-est (plutôt sud-est si vous êtes plus au nord), à partir d’une heure environ avant le lever du Soleil. Mercure est alors déjà à 7 ou 8° de hauteur partout entre 40° N et 59° N ; plus tôt, elle est plus basse, noyée dans la brume de l’horizon. Repérez d’abord Vénus. Passée entre la Terre et le Soleil fin octobre (c’est la conjonction inférieure), elle est désormais l’astre le plus brillant de cette région du ciel, à la magnitude −4,9 (sur cette échelle, plus le nombre est petit, plus l’astre est brillant). Mercure se trouve plus bas, à gauche, à environ 15° de Vénus le 20 novembre, soit un poing et demi à bout de bras. L’écart passe de 13° le 14 à 20° le 26, car Vénus s’éloigne du Soleil plus vite que Mercure, qui commence à s’en rapprocher après le 20.
Hauteurs le 20 novembre au début du crépuscule civil, quand le Soleil est à 6° sous l’horizon :
- 48,9° N (Paris) : Mercure à 10,5°, Vénus à 20,5° ; le crépuscule civil commence 39 minutes avant le lever du Soleil.
- 59° N (Stockholm, Oslo) : Mercure à 8°, Vénus à 16° ; le crépuscule civil commence 54 minutes avant le lever du Soleil.
- 40° N (Madrid, New York) : Mercure à 12°, Vénus à 24° ; le crépuscule civil commence 33 minutes avant le lever du Soleil.
Du 17 au 23 novembre environ, Mercure garde à peu près ces hauteurs (entre 10 et 10,5° depuis Paris). À moins de 2° sous Vénus, légèrement à droite, se trouve Spica, l’étoile la plus brillante de la Vierge. Ne la confondez pas avec Mercure : la planète brille davantage et se trouve bien plus bas, nettement plus à gauche.
Pour voir où se trouve Mercure dans votre ciel, ouvrez la carte du ciel de SkyFlux.
Ce que vous verrez
À l’œil nu, Mercure n’est qu’un point lumineux dans un ciel qui s’éclaircit, et son éclat augmente de jour en jour, car nous voyons une part croissante de son hémisphère éclairé : magnitude +0,3 le 14 novembre, −0,2 le 17, −0,4 le 20 et −0,6 le 23. Près de l’horizon, toutefois, la brume l’atténue, et la planète peut paraître plus faible que ne le laissent supposer ces valeurs.
Des jumelles sont utiles : balayez lentement le ciel depuis Vénus vers le bas à gauche ; une fois Mercure repérée, retrouvez-la à l’œil nu, sans les jumelles. Rangez les jumelles avant le lever du Soleil. Le Soleil se lève tout près de l’endroit que vous observiez, et même un bref coup d’œil vers lui à travers des jumelles peut endommager vos yeux de façon irréversible.
La Lune ne gêne pas : jusqu’au 23 novembre, elle est déjà couchée à l’aube, et à partir de la pleine lune du 24, elle est basse à l’ouest au lever du jour, à l’opposé de Mercure.
Pourquoi Mercure est difficile à observer
L’orbite de Mercure est si petite que, vue de la Terre, la planète ne s’écarte jamais du Soleil de plus de 28° environ. Aux latitudes moyennes de l’hémisphère Nord, on la voit donc bas sur l’horizon, dans le crépuscule, et rarement, voire jamais, dans un ciel complètement noir. Cette fois, son plus grand écart n’est que de 19,6°, car Mercure se trouve alors à environ 50 millions de km du Soleil, près de sa distance minimale (46 millions de km) et bien en deçà de sa distance maximale (70 millions de km) ; plus Mercure est proche du Soleil, plus son écart apparent maximal est petit.
Sources et licences
- JPL Horizons (NASA/JPL) — Positions, élongation, magnitudes, phase, déclinaisons, ainsi que hauteur et azimut topocentriques de Mercure, de Vénus, du Soleil et de la Lune, calculés le 17 octobre 2026 (pour Paris, le 20 octobre 2026). https://ssd.jpl.nasa.gov/horizons/
- SIMBAD (CDS, Strasbourg) — Coordonnées et magnitude V de Spica (alf Vir) et d’Arcturus (alf Boo). https://simbad.cds.unistra.fr/simbad/
- NASA NSSDC, fiche de données de Mercure (Mercury Fact Sheet) — Distance de Mercure au Soleil au périhélie (46,0 millions de km) et à l’aphélie (69,8 millions de km). https://nssdc.gsfc.nasa.gov/planetary/factsheet/mercuryfact.html



